Les soeurs Cobourg, la compétition du malheur...
Bonjour,
Un petit peu de retard pour la publication hebdomadaire mais week end pascale oblige...
Aujourd'hui, je vous montre une jolie carte des soeurs belges, filles du roi Léopold II.
Elles ont toutes les trois concourus pour le destin le plus triste. La première Louise, est mariée très jeune au prince Philippe de Saxe Cobourg (on reste en famille), lubrique et viveur. Il fait partie des bons compagnons du kronprinz Rodolphe, et est présent le jour de la tragédie de Mayerling. Louise ne supportera pas longtemps une atmosphère familiale pesante (avec la présence oppressante de sa belle-mère Clémentine, fille de Louis Philippe). Un beau jour, elle croise un bel officier de cavalerie, Geza Mattachich, et c'est l'embrasement. Cette femme mal mariée (comme on l'est souvent à l'époque), va quitter le foyer conjugal, semer les dettes, se faire interner pour indignité et finir dans la misère. Mais elle aura vécu son amour jusqu'au bout.
La deuxième, c'est Stéphanie, la "paysanne flamande", tout aussi mal mariée, à l'héritier austro-hongrois: Rodolphe. On lui reproche souvent un caractère acariâtre, des scènes conjugales. Mal à l'aise, critiquée par l'ensemble de la Cour, Stéphanie se réfugie dans le superficiel, la représentation. On dit qu'elle n'adore rien tant que jouer les impératrices en l'absence de sa belle-mère, Sissi. C'est lui faire un mauvais procès. Elevée à la dure par un père tyrannique et une mère peu aimante, elle trouve dans le mariage un échappatoire à cette ambiance glaciale qui règne à la cour de Laeken. Et puis, il y a Mayerling. Sa belle famille la rend responsable de la mort de Rodolphe, elle est publiquement humiliée par la présence de Mary Vetsera, même morte, au côté du cadavre de son mari. Et son calvaire n'est pas fini. Ce n'est que quelques années plus tard, qu'elle obtient de se remarier avec le comte Elémer Lyonay. Elle n'est plus princière héritière, elle n'a plus aucun rôle à la Hofburg, mais c'est froidement que François Joseph la laisse partir. Quant, à son père, il lui tourne le dos. Heureusement, son remariage est heureux et elle ne s'éteindra qu'en 1945.
La petite dernière, c'est Clémentine. Ses soeurs sont depuis longtemps partis qu'elle s'étiole auprès de son père, toujours aussi tyrannique. Elle remplace la reine Marie Henriette, reine des Belges, à sa mort dans ses fonctions de représentation et s'éprend du prince Victor Napoléon, héritier des Napoléon. Mais pour le vieux monarque belge, il est hors de question de s'allier avec la famille du corse. Et les années passent. Et, Clémentine, fidèle, attend la mort de son père pour faire un mariage d'amour. Ses voeux seront couronnés de succès. Elle aura son premier enfant à 30 ans et vivra confortablement et dignement auprès du grand amour de sa vie.
On dirait un roman et pourtant, telles furent les vies des filles du roi Léopold II...