L'archiduchesse rouge... Ghislaine Windish- Graetz
Bonjour,
Beau portrait que celui de l'orpheline de Mayerling, signée de sa belle fille Ghislaine. Epouse du fils aîné de la princesse, François Joseph, elle a eu le temps de connaître sa belle mère à la fin de sa vie.
Elisabeth-Marie connut une vie extrêmement tumultueuse, liée aux grandes affaires autrichiennes, à commencer par la disparition tragique de son père Rodolphe. Puis, elle connaît les dernières années de la Vienne impériale, choyée par un grand-père qui l'adore, et la laisse faire un mariage d'amour.
Passionnée et passionante, emportée et instable, Elisabeth-Marie voit assez rapidement son beau mariage se dégrader, son mari, Otto va voir ailleurs, elle prend elle-même un amant Egon Lerch, lieutenant de vaisseau qui disparaît tragiquement avec son navire en 1915 en pleine Première Guerre Mondiale, amour total et absolu qui fera scandale. Le couple se dispute avec âpreté la garde de leurs quatre enfants: Francois Joseph, Rodolphe, Ernest et Stéphanie.
Puis viendra les années plus calmes auprès de Léopold Petznek, et l'engagement politique (tout relatif) de l'archiduchesse rouge.
Elisabeth Marie mourra âgée, entourée de ses chiens, ne supportant personne autour d'elle, devenue dure avec les autres, avec les domestiques qui l'entourent.
Le livre est passionnant, extrêmement détaillé, fourmillant de précisions, mettant à jour les contradictions de la princesse: elle est rouge, abhorre la Couronne, souhaite que l'un de ses fils devienne ouvrier mais ne renoncerait pas au luxe et aux serviteurs. Un ouvrage essentiel -écrit avec objectivité malgré les liens familiaux et qui n'hésitent pas à dénoncer les défauts de la princesse- qui parle de tout l'entourage impériale: Francois-Joseph,Stéphanie, et qui nous emmene dans le tourbillon de la première partie du XXe siècle.
Belle et distinguée, mesurant un mètre quatre vingt dix, Elisabeth Marie sut inspirer l'amour.