Les amants chimériques de Lucile Decaux.
Bonjour,
Sous le pseudonyme de Lucile Decaux, se cache la princesse Marthe Bibesco, aristocrate roumaine, auteur de Katia. Katia Dolgorouki, favorite du tsar Alexandre II, et interprétée au cinéma par Romy Schneider, dans ses jeunes années.
L'auteur est coutumière des romans historiques: Loulou, prince impérial, la duchesse de Berry ou encore Mme Waleska (favorite de Napoléon).
Lucile Decaux s'attaque ici aux souverains mexicains. Le livre est un roman, date de 1937 et nous offre des passages savoureux que nous allons détailler.
D'emblée Maximilien est déclaré fils de l'Aiglon, petit-fils de Napoléon. On sait qu'il n'y a aucune preuve. Pour ma part (et cela n'engage que moi, Maximilien ressemble énormément à ses frères), je n'y crois pas.
Dès les premières pages, on trouve également une jolie... disons erreur. Sophie, mère de François Joseph, lui propose comme candidate au mariage, la belle... Elisabeth. Ce qui n'a jamais été le cas, puisque c'est Hélène qui devait épouser le jeune empereur, et que le destin en décida autrement.
Autre détail, c'est le "beau pendu", le comte Julius Andrassy qui accompagna Max dans son voyage en Orient. Je n'ai trouvé trace de cet accompagnement nulle part.
La rencontre entre Max et Charlotte est savoureuse, ils tombent éperdument amoureux (oui, peut-être...). Se languissant de sa belle, le jeune archiduc organise une escapade incognito en Belgique pour la rejoindre quelques instants.
Et l'auteur a ces superbes mots pour décrire Charlotte: "La longueur de ses yeux, au dire des ses frères, lui permettait de voir de face tout en étant de profil, comme font les statues égyptiennes". Vous réfléchirez au problème, moi, j'ai bien rigolée en tout les cas...
Le summum du roman est atteint avec une lettre de Célestin Chantepie, jardinier à Schoenbrunn, envoyée à Charlotte à la veille de ses noces, lui révélant l'origine de Maximilien ou encore lorsqu'Elisabeth, impératrice offre son amitié à Charlotte, Lucile Decaux parle d'inclinaison réciproque. Les deux belles-soeurs se détestaient de la plus belle façon.
La partie du règne au Mexique est traitée avec plus de sérieux.
L'intérêt du livre réside finalement dans la reproduction de certaines lettres de Charlotte à la comtesse d'Hulst, chère et tendre amie qui veilla sur elle après la mort de sa mère, la reine Louise de Belgique.
En conclusion, pour les collectionneurs, pour rire un bon coup et on passe à d'autres choses.