Leurs Majestés... Xavier Paoli.
Bonjour,
Aujourd'hui, nous parlerons d'un ouvrage (cadeau de Noël) de Xavier Paoli où quelques pages sont consacrées à l'impératrice Elisabeth. Paoli était "comissaire spécial des chemins de fer, délégué au ministère de l'intérieur".
Sous cet titulature officiel se cache un job stressant : garde du corps des têtes couronnées de passage sur la terre de France. Pendant trente ans, il a assisté, aplani les difficultés, déjoué des attentats parfois des souverains en villégiature sur la Côte d'Azur ou dans la capitale.
Dans le livre, il dresse le portrait de ceux qui l'ont le plus marqué, avec lesquels des liens semble-t-il de respect ou d'amitié se sont tissés: le roi Georges de Grèce, le roi Alphonse XIII d'Espagne ou encore un portrait très touchant de la reine Victoria.
C'est Elisabeth, impératrice d'Autriche qui ouvre le bal. S'il vante sa beauté et sa silhouette légendaires, le premier contact fut glacial. L'impératrice détestait toute sorte de contrainte, y compris la surveillance de sa royale personne, ce qui lui fut fatal ce jour du 10 septembre 1898 à Genève. Paoli à cette date est en congé et est en route pour la ville suisse, pour saluer la souveraine (rien que çà...). Arrivé à la gare de Genève, il perçoit une animation peu ordinaire et s'informe, la nouvelle tombe: l'impératrice assassinée est décédée. Et, comme il bénéficie de ses entrées partout, il peut se recueillir une dernière fois sur la dépouille d'Elisabeth.
"Etendue sur un petit lit de cuivre doré, couverte d'un léger voile de tulle blanc, la voici rigide et déjà froide. Son visage qu'éclairent de leurs flammes tremblantes , deux grands cierges, ne porte pas trace de souffrance... Un mélancolique sourire semble errer encore, sur ses lèvres pâles, à peine entrouvertes; deux longues nattes de cheveux retombent sur ses épaules frêles; les traits si fins de son visage se sont émaciés; sous ses sourcils, deux ombres violettes font ressortir l'arête du nez et la blancheur des joues...elle semble dormir d'un sommeil apaisant et heureux. Ses mains, si petites sont croisées sur un crucifix d'ivoire; des roses presque flétries -les roses qu'elle avait cueillies le matin même et qu'elle tenait dans ses bras lorsqu'elle reçut le coup mortel- ces roses sont éparpillées à ses pieds.
Longuement, je la regarde et devant ce cadavre, mon sang-froid m'abandonne; malgré moi, les larmes me montent aux yeux et je pleure comme un enfant."
Touchant et émouvant.
Bonne semaine.