Le Journal illustré du 17 février 1889....
Bonjour,
Une fois n'est pas coutume, nous parlerons aujourd'hui d'un journal. Il s'agit du Journal illustré daté du 17 février 1889, soit 18 jours après la tragique affaire impliquant l'archiduc Rodolphe et la baronne Mary Verscera (orthographié comme sur le journal).
En couverture, une gravure de la jolie brune tirée d'une photo très connue. Mais que dit l'article?
"Quelque soit la vérité d'entre toutes les versions sur la fin tragique de l'archiduc Rodolphe..." 18 jours après le drame, le flou règne en maître: suicide, assassinat, rien n'est élucidé, on sait que 121 ans plus tard, rien n'a changé... mais le journal présente la baronesse comme une héroïne d'un roman d'amour. La version romantique commence d'être relayée et les amants maudits vont pouvoir entrer dans la légende.
Suit une description de Mary :"Elle était d'une beauté remarquable. Petite, mais bien prise et fort gracieuse. Des cheveux d'un noir de jais, avec le teint clair, et, chose ramarquable chez une brune, des yeux bleus. De nature, elle était coquette, aussi coquette qu'est sérieuse sa soeur Hannah, âgée de 20 ans."
Puis l'article embraye sur sa famille avec quelques détails interessants: son frère Laszlo, est mort tragiquement dans l'incendie du Ring theater de Vienne en 1881, on ne retrouva du pauvre jeune homme que son épée. Mary avait un autre frère, François, quinze ans, qui se destine à la carrière des armes en cette année 1889.
Vient le tour des parents. On a beaucoup écrit sur sa mère Hélène Vetsera née Baltazzi. Le journal ne se prive pas de rappeler que son frère et ses deux soeurs, même s'ils ont fait des mariages interessants (des alliances avec de grandes familles comme les Erdody ou les Stockau) sont comme la baronne, de petite noblesse, "il serait inutile de chercher dans le Gotha". Quant au père de Mary, issu d'une vieille famille hongroise, il est mort en 1887 lors d'une mission au Caire. Immensément riche, il épouse par amour Hélène Baltazzi. Mais, ils sont de tempérament opposé: lui, sobre et économe, elle dispensdieuse et menant grand train.
Enfin, nous arrivons à la conclusion que je vous livre dans son intégralité:
"La baronne de Vetsera était dévorée d'ambition. La situation au premier rang qu'elle n'avait pas eue par son mari, peut-être la voulait-elle avoir pour sa fille. Voila pourquoi, dans son hôtel de la Landstrasse, qui est le plus beau quartier de Vienne, la baronne de Verscera accueillit avec empressement les visites réitérées de l'archiduc. La jeune Mary était ravissante, l'archiduc ne tarda pas à lui offrir le palais du Belvédère. Dans ce jeu de l'amour et de l'ambition, que pouvait-il un jour advenir? Le dénouement pour tous a été épouvantable. Il faut s'incliner devant la douleur."
Le palais du Belvédère, immense construction, n'appartint jamais à la petit baronesse Mary Vetsera.